Mardi 29 novembre 2011
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Amiens, le 25 novembre 2011.
AVIS DU CONSEIL REGIONAL SUR LE PROJET
DE PLAN STRATEGIQUE REGIONAL DE SANTE
Rapport n° 4-1
Monsieur le Président, Cher Collègues,
La lecture du texte de votre rapport aurait pu me faire rire si ce dernier n'impliquait pas l'avenir de la santé en Picardie.
En effet, j'aurais tout à fait pu rédiger la première page de votre document, les critiques que vous énoncez sont exactement celles que
nous vous faisons depuis un certain nombre d'années, en matière de schéma, de stratégies, de plans, de préceptes souvent tout aussi fumeux les uns que les autres.
En fait je crois que vous pouvez être bien meilleur dans l'opposition et la critique que dans la majorité et la pratique !
Même si vous n'évoquez pas la totalité des problématiques nous sommes globalement d'accord avec votre analyse sur le projet présenté
par l'ARS, véritable bras armé de l'Etat et du gouvernement UMP en matière de santé.
Pourtant vous ne pouvez vous exonérer de toute responsabilité en ce domaine car la situation que nous constatons aujourd'hui n'est que
la conséquence de 40 ans d'erreurs de gouvernance, d'incapacité à prévoir et de la politique de l'autruche menée tour à tour par le PS et l'UMP, soit au gouvernement, soit à l'Assemblée Nationale
ou dans les collectivités territoriales.
Au crédo européiste de l'UMPS s'est ajoutée la volonté décentralisatrice de régionalisation pour tout.
Aujourd'hui, chez nos voisins européens où la régionalisation de la santé est très avancée en Grèce, en Italie et encore plus en
Espagne, la crise a des effets dévastateurs dans le domaine de la santé publique. La France prend le même chemin.
La régionalisation de la santé est dangereuse pour l'usager puisqu'elle est à l'origine des inégalités de soins selon que la région est
pauvre ou riche.
Même le cas des Maisons de santé est un facteur de problème pour les professionnels de santé puisque les médecins qui voudraient y
exercer se voient dans de nombreuses régions bloqués en secteur 1.
D'autres phénomènes aggravants pour l'offre et la qualité de soins, tels que l'immigration ou l'insécurité qui menacent les médecins,
infirmiers, ambulanciers et pharmaciens dans certaines zones à risques sont passés sous silence, tout autant par le gouvernement que la gauche.
Il suffit d'aller consulter le site de l'ordre des médecins pour découvrir que la situation en Picardie est encore bien pire que ce que
l'on pourrait imaginer :
La mise à jour, très récente, des statistiques de l'ordre des médecins est révélatrice, avec 239 médecins pour 100.000 habitants notre
région arrive bonne dernière du classement national pour la démographie médicale.
Le vieillissement et l'approche de la retraite pour de nombreux médecins généralistes sont inquiétants.
Le numérus clausus qui n'a été aboli ni par le PS, ni par l'UMP a renforcé les conséquences de ce problème.
On peut tout de même se poser des questions quand on apprend que 79% des médecins qui se sont installés dans l'Aisne et 58% dans l'Oise
sont diplômés d'une université étrangère et proviennent notamment de la Roumanie.
L'insécurité que rencontrent les professionnels de santé lors de leurs interventions ne cesse d'augmenter.
Avec 5.090 cas d'incidents et une hausse de plus de 43% des faits pour le personnel hospitalier, il en est de même pour les
médecins libéraux qui ont subi une hausse de 80% des incidents.
La photographie de la santé en Picardie, n'est pas reluisante et ce ne sont pas les propositions insipides contenues dans le projet de
plan stratégique régional de santé qui va nous faire espérer une amélioration de la situation.
Ce sont les raisons qui nous mènerons vers une grande prudence quant à l'approbation de ce programme.