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Intervention de Mylène TROSZCZYNSKI au nom du groupe Front National |
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Nous avons étudié, bien attentivement, ce dossier qui présente votre règlement d’intervention, outil de mise en œuvre opérationnelle de votre politique culturelle.
Non pas que nous ne portions pas autant d’intérêt à vos autres dossiers mais nous étions vraiment intéressés par la manière dont vous distribuez, et parfois dilapidez, l’argent des contribuables picards en matière de culture, comme dans bien d’autres domaines !
Vous expliquez que les demandes des porteurs de projets, si elles répondent aux conditions générales d’intervention, seront ensuite étudiées en fonction de 6 objectifs, dont 2 d’entre eux ont retenu notre attention : la fameuse ou fumeuse qualité artistique du projet et les soi-disant relations entre artistes, publics et population.
Nous notons avec plaisir que vous prenez en compte une gestion financière saine de la part des porteurs de projets. On peut donc imaginer ou du moins espérer que le cas KASSOVITZ ne se reproduira plus. Nous profitons, d’ailleurs, de ce dossier pour réitérer notre demande quant au remboursement des 250.000 € que ce pseudo réalisateur doit aux picards.
En ce qui concerne le partenariat culturel avec les territoires et donc les relations avec les artistes et leur éventuel public, vous expliquez que cet accompagnement se fera en 2 phases : la réalisation d’un diagnostic et la création d’un poste de coordinateur culturel de territoire ou plus simplement dit une énième embauche d’un copain du PS.
Nous imaginons aisément que tout ceci aura un coût, lequel, nous n’en savons rien car bien évidemment aucune estimation ne figure dans le dossier. En ces temps de crise et de réduction budgétaire, ne pensez-vous pas que les picardes et les picards attendent autre chose ? C’est vrai qu’il est toujours plus simple de dépenser l’argent qui n’est pas le sien !
Une des priorités de votre politique culturelle est d’intervenir sur les territoires déficitaires en matière d’offre culturelle, notamment pour les résidences d’artistes dont les subventions sont plafonnées à 50 000 € / an. Etant donné que nous votons au cas par cas ces subventions dédiées aux résidences d’artistes, on ne se rend pas bien compte du nombre concerné et du cumul annuel de ces subventions. C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous souhaiterions, que le grand Maître en la matière, M. Reuters, puisse nous produire un petit rapport d’informations financières du coût des résidences pour notre collectivité sur les 3 dernières années.
Certes, certains territoires picards se trouvent en déficit d’un point de vue culturel, mais doit-on rappeler que c’est la Picardie qui se situe au bas de l’échelle nationale, pour ne pas dire au sous-sol, en matière de santé. Quand on se souvient du minuscule fascicule consacré à la santé en Picardie lors du vote du dernier budget, on est en droit de se demander quelles sont vos véritables priorités ?
Enfin pour la qualité artistique des projets, vous nous expliquez comment sont attribuées les subventions régionales dans les différents secteurs : écrivains, création & production audiovisuelle, arts plastiques, musiques, théâtre, arts de la rue, etc… Pour chaque secteur, vous précisez que toutes les demandes de subventions sont examinées par un comité d’experts. Juste une question : vous les trouvez où ces experts ?
Est-ce eux qui ont validé le fait que le Conseil régional subventionne à hauteur de 25.000 € le fameux petit lutin « scatologue » ou encore la pièce de théâtre dont nous allons avoir la chance, cet après-midi, de voter une subvention de 12.500 € et qui met en scène une mendiante arrêtée pour vagabondage et détenant six sexes masculins dans des sacs plastiques… Vous me direz c’est pour le Festival d’Avignon mais cela n’empêche que même si M. Reuters, qui est le responsable en ce domaine, et vit peut-être quelques-uns de ses phantasmes au travers de certaines pièces, il faut arrêter de se moquer de nos concitoyens avec ce genre de pièce.
N’allez pas croire que nous rejetons en bloc tout ce qui relève de la culture mais pour nous la culture doit apporter du rêve, doit servir à apprendre et à apprécier les belles choses. Le philosophe Kant insistait sur le fondement subjectif du jugement esthétique. Mais il définissait le beau comme ce qui plaît universellement. Au regard de ce que vous subventionnez, nous pensons que vous en êtes loin, très très loin !
Par conséquent, vous comprendrez que dans l’état nous ne pourrons voter ce règlement d’intervention, ceci au nom des picards qui nous ont élus pour défendre leurs intérêts et ceux de la Picardie !




